Travail et care comme expériences politiques

Coordination éditoriale de Matthieu de Nanteuil, Laura Merla

Depuis plusieurs années, les réflexions sur le care ont insisté sur les rapports d'interdépendance qui lient les êtres humains. Le sens de la solidarité s'en est trouvé profondément modifié. L’enjeu ne serait plus de s’émanciper abstraitement de toute hétéronomie, mais d’assumer la finitude inhérente à l’existence humaine... Continuer

Avec les contributions de Mylène Botbol-Baum, Julien Charles,
Lotte Damhuis, Emmanuel Declercq, Florence Degavre, Isabelle Ferreras,
Jean-Louis Genard, Quentin Jouan, Laura Merla, Matthieu de Nanteuil,
Florence Osty, Thomas Pongo, Natalie Rigaux.

Depuis plusieurs années, les réflexions sur le care ont insisté sur les rapports d'interdépendance qui lient les êtres humains. Le sens de la solidarité s'en est trouvé profondément modifié. L’enjeu ne serait plus de s’émanciper abstraitement de toute hétéronomie, mais d’assumer la finitude inhérente à l’existence humaine en cherchant à surmonter la part de soumission, de souffrance ou d’inégalité qui lui est liée.
Une telle approche est-elle destinée à se substituer aux formes de solidarité plus traditionnelles, héritées de décennies d’État social ? Devrait-on, plus largement, envisager le passage d’une société du travail à une société du soin ? Tout au contraire. Il s’agit d’articuler deux domaines que les études scientifiques ont eu tendance, jusqu’ici, à examiner de façon séparée.
En pratique, ces deux domaines éclairent les deux facettes de l’état de vulnérabilité global qui caractérise l’expérience de nos contemporains : la vulnérabilité sociale, qui se traduit par un affaiblissement des droits et des protections sociales ; la vulnérabilité existentielle, qui ouvre sur un consentement à la finitude.
Comment résister à l’une tout en assumant l’autre ? Peut-on renouveler nos conceptions de la justice sociale en combinant ces différentes perspectives ? Comment, plus largement, contribuer à intensifier les formes de solidarité interpersonnelle et relever les défis structurels du travail dans le capitalisme global ?
Telles sont les interrogations auxquelles, en s’intéressant aux migrant·e·s comme aux personnes atteintes de maladie mentale ou aux salarié·e·s des entreprises industrielles, les auteur·e·s de ce livre apportent une série de réponses plurielles, concrètes, argumentées.


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Livre broché - 17,00 €
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Spécifications


Éditeur
Presses universitaires de Louvain
Coordination éditoriale de
Matthieu de Nanteuil, Laura Merla,
Langue
français
Catégorie (éditeur)
Sciences économiques et sociales > Sciences politiques et sociales > Sociologie
Catégorie (éditeur)
Sciences économiques et sociales > Sciences politiques et sociales
BISAC Subject Heading
SOC000000 SOCIAL SCIENCE > SOC050000 SOCIAL SCIENCE / Social Classes & Economic Disparity > SOC026000 SOCIAL SCIENCE / Sociology
Code publique Onix
06 Professional and scholarly
CLIL (Version 2013 )
3081 Sciences sociales > 3083 Classes sociales et stratification
Date de première publication du titre
23 octobre 2017

Livre broché


Details de produit
1 Couverture pelliculée
Date de publication
23 octobre 2017
ISBN-13
978-2-87558-613-1
Ampleur
Nombre de pages de contenu principal : 192
Dépôt Légal
D/2017/9964/48 Louvain-la-Neuve, Belgique
Code interne
95774
Format
16 x 24 x cm
Poids
315 grammes
Type de packaging
Aucun emballage extérieur
Prix
17,00 €
ONIX XML
Version 2.1, Version 3

PDF


Details de produit
1 PDF
Date de publication
23 octobre 2017
ISBN-13
978-2-87558-614-8
Ampleur
Nombre de pages de contenu principal : 192
Dépôt Légal
D/2017/9964/48 Louvain-la-Neuve, Belgique
Code interne
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Prix
11,50 €
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Version 2.1, Version 3

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Sommaire


Introduction
Travail et care comme expériences politiques
Matthieu de Nanteuil et Laura Merla 5
1. Sur la domination 6
2. Le renouveau de la critique féministe 6
3. Vulnérabilité(s) 7
4. Vers une nouvelle approche de la solidarité 10
5. Et le travail ? Et la politique ? 11
6. Travail et care, des contributions interdisciplinaires 13
Bibliographie 17
Partie 1
Sur le care : les enjeux politiques de la relation à l'autre
La place du care dans la réorientation des théories critiques
Jean-Louis Genard 21
1. Les paradoxes et les limites de l’horizon de l’émancipation 21
2. Autonomie et intersubjectivité, autonomie versus care 22
3. Penser ensemble care et autonomie, au coeur de l’antinomie 23
4. Modernité disjonctive, modernité conjonctive 24
5. Les déplacements de la critique : une critique sous l’horizon de la vulnérabilité et de l’incapacité 25
6. Ce que cela change, en quoi la perspective du care affecte et déplace les ressources critiques 27
6.1. De l’espoir à l’indignation et à la colère 27
6.2. Du droit au devoir, et du « devoir faire » au
« ne pas pouvoir ne pas faire » 28
6.3. Du méliorisme à l’évitement du tort, du progrès à la précaution 29
6.4. De l’émancipation à la capacitation et à l’empowerment 30
6.5. L’intervention sociale avec comme visée le développement du potentiel 31
6.6. De l’émancipation à l’estime de soi et au bien-être subjectif 32
7. Pour conclure 33
Bibliographie 33
Une journée dans un centre de soins de jour pour personnes « démentes »
Le soin comme expérience politique
Natalie Rigaux 37
1. La journée observée dans son contexte 38
2. Le temps du soin 41
2.1. Une expérience du vivre ensemble avec la pluralité 41
2.2. Une micropolitique des troubles 43
2.3. Une expérience politique du travail 44
3. Des articulations projectives 46
4. Transformer d’un même mouvement le rapport au malade et le travail du soin 48
Bibliographie 48
Contre la réification de la vulnérabilité
Penser une vulnérabilité capable
Mylène Botbol-Baum 51
1. La rhétorique du care de Carol Gilligan et Joan Tronto 52
2. L’éthique soignante se fonde-t-elle sur une asymétrie à dépasser ? 52
3. L’intersubjectivité comme premier moment du care 55
4. Du care à la reconnaissance de la vulnérabilité capable 57
4.1. La vulnérabilité et l’autonomie de la raison 58
4.2. Le désir et la raison 58
5. Vulnérabilité de la délibération 59
5.1. L’approche par les capabilités et la compatibilité entre agentivité et vulnérabilité 60
5.2. Comment devenir agent à partir de sa vulnérabilité même ? 61
Bibliographie 63
Considérations sur le traumatisme extrême et l’exil
Plaidoyer pour une éthique du care
Emmanuel Declercq 65
1. En guise d’ouverture 65
2. Considérations sur le traumatisme psychique 69
3. Considérations sur l’actuel malaise de nos sociétés occidentales 70
4. Plaidoyer pour une éthique du care et de l’engagement 74
5. En guise de conclusion 76
Bibliographie 77
Repenser la défamilialisation
Laura Merla et Florence Degavre 79
1. Introduction 79
2. Controverses du féminisme 80
3. La migration : un pilier de la défamilialisation dans les États sociaux du nord 83
4. Migration : une piste vers la défamilialisation ? 84
4.1. Les conditions de travail dans le care :
un obstacle à la défamilialisation des migrantes 85
4.2. Le care intra-familial des travailleuses migrantes 85
4.3. L’invisibilité du care transnational intra-familial 86
5. Yasmina et Natalia 86
6. Encastrer la défamilialisation dans le contexte transnational 89
7. Conclusion 92
Bibliographie 94
Partie II
Sur le travail : expériences de l’injustice et perspectives démocratiques
De l’Europe à l’atelier
Vulnérabilité du travailleur et démocratisation de l’entreprise à la fin des Trente Glorieuses
Quentin Jouan 103
1. Introduction 103
2. Les vulnérabilités du travailleur 104
2.1. Un terme polymorphe 104
2.2. Vulnérabilités vécues et ressenties 104
3. Des réponses syndicales divergentes 109
3.1. La FGTB ou l’établissement d’une société socialiste 109
3.2. La CSC : la participation de l’homme dans son entreprise 111
4. Conclusion 114
Bibliographie 115
Vulnérabilité et résistance dans les mutations du travail
Florence Osty 117
1. Le travail ce paradis perdu ? 118
1.1. La vulnérabilité comme symptôme d’une autonomie dépendante 118
1.2. Le travail : un grand intégrateur qui ne produit plus sa fonction de protection et de reconnaissance 119
2. Les symptômes de la vulnérabilité dans la sphère du travail 120
2.1. L’exposition au changement permanent : la crise sociale de modernisation 120
2.2. Des contextes de reconnaissance plus incertains : de la plainte au malaise de reconnaissance 121
2.3. Des itinéraires professionnels plus discontinus et des modes de conciliation temporels plus exigeants : bifurcations et recompositions des trajectoires 122
3. Résister à la vulnérabilité 124
3.1. Les collectifs d’action informels au travail : une ressource fragile, mais bien réelle 124
3.2. Le métier comme résistance et ajustement aux contextes incertains 125
3.3. Les réseaux familiaux et sociaux : une ressource inégalement répartie, mais décisive 126
3.4. Construire des réseaux professionnels : un étayage identitaire et de compétence pour développer
son pouvoir d’agir 127
Bibliographie 129
Maîtrise individuelle du temps et justice sociale
Lotte Damhuis 131
1. Des dispositifs visant à former à la compétence temporelle 133
2. Ce que maîtriser son temps suppose dans l’accompagnement d’un public « en emploi » 135
2.1. La logique du projet pour guider le temps qui passe 135
2.2. Être dans l’ici et maintenant pour goûter le temps et être effectif 136
3. Ce que maîtriser son temps suppose dans l’accompagnement d’un public en recherche d’emploi 137
3.1. Le régime du projet 137
3.2. L’anticipation pratique et la déconstruction d’une attitude « présentiste » 137
4. Ce qu’une lecture individualisante du rapport au temps permet et exige 139
4.1. Sentiment de maîtrise et émancipation 139
4.2. Logique d’enquête et pression sur le familier 139
5. La compétence temporelle comme nouveau standard ? 141
5.1. Qualification morale des engagements dans le temps 141
5.2. L’attitude active comme horizon de légitimité du rapport au temps 142
6. Culture temporelle et justice sociale 143
Bibliographie 145
Expériences d’injustice et dénonciations malheureuses
L’activité décisionnelle d’un collectif de producteurs au sein d’une coopérative du secteur agroalimentaire
Thomas Pongo 149
1. Les ressources d’une approche discursive et ethnopragmatique 150
2. Regard sur le secteur coopératif 151
2.1. L’organisation enquêtée : une coopérative du secteur agroalimentaire 151
2.2. Espaces et moments observés : les « réunions de producteurs » 152
2.3. La problématique à la base de la décision 153
3. Les raisons de dénonciations malheureuses 153
3.1. Dénoncer la logique et les modalités d’analyse des pratiques agricoles : l’influence des règles d’intelligibilité et de faisabilité 153
3.2. L’attente de tangibilité 155
3.3. L’attente de faisabilité 156
3.4. Condamner la taille d’une exploitation : l’importance de la règle de considération pour autrui 158
4. Conclusion : dénonciations malheureuses et décision vulnérable 161
Bibliographie 163
La citoyenneté au travail
Enjeu pour les organisations et la sociologie
Julien Charles et Isabelle Ferreras 165
1. Politisation et dépolitisation du travail 165
2. Expérience et organisation du travail 168
2.1. Dépolitisation du travail par le management participatif 168
2.2. L’autogestion comme capacitation à politiser le travail 170
2.3. De l’expérience politique du travail au gouvernement du travail 171
3. L’éclatement du travail par sa sociologie 173
4. Conclusion. Pour une sociologie politique et critique du travail 175
Bibliographie 176
Pour un concept critique de vulnérabilité
En guise d’ouverture
Matthieu de Nanteuil 179
1. Les théories de la justice… contre la justice sociale ? 179
2. Vulnérabitilité(s) : une singularité… sans projet ? 180
3. Au-delà de la justice sociale… la non-violence ? 181
Bibliographie 183
Présentation des auteur·e·s


Extrait